Le roitelet

Il y’ a quelque temps en recherchant un document sur mon ordinateur, j’ai retrouvé une photo qui m’a propulsé il y’ a quelques années une matinée d’été alors que je méditais paisiblement dans ma chambre à cette époque rue de la ruche à Lyon.

Les minutes s’écoulaient dans la contemplation de mon espace intérieur et de temps à autre j’entendais au loin un bruit étrange qui ressemblait à celui d’un bourdonnement d’insecte. Même si cela m’interpellait de temps en temps et me tirait un tant soit peu de mon introspection. Je ne pris pas le temps de vérifier au-dehors l’origine de ce bruit.

Au moment d’ouvrir les yeux et je me trouvais nez à bec avec un minuscule oiseau perché sur la branche du ficus planter en pot dans ma chambre. Sidéré, je remarquais également qu’il avait une petite blessure ensanglantée sur son aile gauche. Je me demandais alors comment il avait pu entrer dans cette pièce alors que la fenêtre et la porte était fermées. La seule hypothèse plausible à laquelle je me résolus de croire et qu’il s’introduisit par une fenêtre du salon qui était grande ouverte et lors de son vol se blessa en percutant un mur ou autre chose. Le chat n’avait pas dû mettre longtemps avant de le trouver et de se lécher les babines en imaginant se régaler avec ce repas tombé du ciel… Il a dû donc fuir comme il le pouvait dans ma chambre en rentrant par l’interstice entre la porte d’entrée de ma chambre et le plancher.

Je compris alors la source de ces bourdonnements que j’entendais lors de la méditation qui était en fait le battement d’ailes du petit oiseau affolé.

Et maintenant, il était là suspendu sur sa branche me regardant avec ses petits yeux noirs, aussi intrigué que moi. Quelle situation cocasse ! En faisant des recherches, je su que c’était un roitelet. Un « petit roi » envoyé du ciel dans ma chambre afin que je m’occupe de lui.

Je pris mon après-midi pour lui, je me mis immédiatement à la recherche alors un organisme capable de le recueillir et de le soigner, en attendant de le transporter dans les monts du lyonnais à la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) qui pourrait le soigner et le remettre en liberté, je lui confectionnai un petit nid avec une boite à chaussure un peu de paille et un pot fermé rempli d’eau chaude en guise de chauffage. Je pris ensuite ma voiture avec lui jusqu’au centre d’accueil et de soin

Pendant tout le temps où j’avais la responsabilité de ce petit être, je me suis oublié et je me suis complètement dédié à la tâche de m’occuper de lui. Il m’a offert la chance d’être généreux de mon temps et de mon cœur. Une sensation merveilleuse. Ce qui me semble encore plus improbable c’est que cette situation se reproduisit 4 fois. Deux merles et un rouge-gorge sont alors tombés sous ma responsabilité chaque année à peu près à la même période…

J’entends parfois des personnes dire que s’occuper des autres est en fait égoïste ou que l’homme n’est un être bon de nature… Je comprends qu’en regardant ce que les médias nous montrent, on peut douter de la qualité des intentions profondes des hommes mais je sais par mon expérience que ce n’est pas vrai.

Maintenant je sais que lorsque la vie m’offre la chance (et que je la saisis) de me dévouer entièrement à quelqu’un ou quelque chose, je ne peux pas être intéressé puisqu’un réel don de moi-même me fait disparaître de l’opération, il n’y a que cet élan à m’offrir. Ce qui est pour moi le contraire de l’égoïsme puisque par principe celui-ci exige quelque chose en retour de ce qui a été donné.

Je ressens alors dans mon corps une sensation de légèreté et d’ouverture ainsi qu’une grande énergie. Le corps est le lecteur de notre état d’âme.

Je remercie la vie de m’avoir confié ces êtres qui m’ont permis de faire grandir le meilleur de ce que je suis et m’avoir rapproché à cette compréhension que la vie va dans le sens du don.

Un être qui est dans le besoin me laisse l’opportunité pour moi d’être généreux.

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